Alcoolisme chronique

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L'alcoolisme est une réelle maladie qu'il faut prendre au sérieux. Pour la combattre et la soigner, il est important de la comprendre. Ainsi, il faut savoir que l'on distingue deux formes d'alcoolisme : l'alcoolisme aigu et l'alcoolisme chronique.

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Qu'est-ce que l'alcoolisme chronique ?

L'alcoolisme chronique ne saute pas forcément aux yeux car le buveur, habitué à sa dose journalière, arrive à « tenir » l'alcool. À l'inverse de l'état de l'alcoolisme aigu qui entraîne vite le buveur vers un état d'ivresse manifeste aux yeux de l'entourage.

L'alcoolisme chronique s'accompagne souvent chez le buveur de symptômes de manque dès lors qu'il n'a pas sa dose habituelle et faire un repas où il n'y a que de l'eau peut vite le mettre en difficultés. Lorsqu'il y a alcoolisme chronique, il y a aussi alcoolodépendance. L'alcool devient une addiction.

À noter : selon le baromètre santé 2020, un quart des adultes français a une consommation d’alcool à risque et les consommateurs quotidiens représentent 10 à 11 % de la population.

Comment reconnaître l'alcoolisme chronique ?

L'alcoolisme chronique est le résultat d'une consommation régulière de boissons alcoolisées en quantité importante. Même si les doses ingurgitées ne sont pas forcément démesurées, elles dépassent le seuil recommandé par l'OMS, à savoir :

  • Pour un homme : plus de 3 verres par jour.
  • Pour une femme : plus de 2 verres par jours.
  • Respecter un jour par semaine sans alcool.

Au-delà de ces quantités, on parle d'alcoolisme chronique : le buveur met alors sa santé en réel danger.

À l'inverse de l'alcoolisme aigu, l'alcoolisme chronique peut être difficile à détecter par l'entourage. En effet, habitué à sa consommation quotidienne, le buveur ne présente pas ou peu de symptômes d'une alcoolisation excessive.

Il faut savoir que l'alcoolisme chronique est une addiction et qu'elle peut donc s'accompagner de signes de manque.

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Conséquences de l'alcoolisme chronique

Les conséquences néfastes de l'alcoolisme chronique sont nombreuses. Au quotidien, le buveur peut ressentir des nausées, tremblements, maux de tête, une fatigue générale et une sensation de bouche « pâteuse ». En état de manque, certaines personnes sont même capables de se rabattre sur n'importe quel produit alcoolisé (parfum, désinfectants, etc.).

Au-delà de ces « désagréments », les conséquences peuvent être beaucoup plus graves :

Comment soigner l'alcoolisme chronique ?

Si le buveur a conscience qu'il prend des risques pour sa santé, il peut, de lui-même, vouloir s'en sortir et entamer un sevrage autonome. Malheureusement, les chances de réussite de ce type de sevrage sont faibles : seulement 5 % des alcooliques chroniques se soignent durablement de cette manière.

Sevrage médical

Statistiquement, la solution la plus efficace est donc d'entamer un suivi médical, qui permettra de diminuer les effets secondaires du sevrage (tremblements, sueur, etc.) et ainsi d'éviter les risques de rechute.

Voici les étapes des premiers jours d'un sevrage « type » :

  • Prise en charge par un médecin.
  • Boire entre 1,5 et 2 litres d'eau par jour.
  • Administration de benzodiazépine à forte dose pendant les 48 premières heures du sevrage.
  • Administration de vitamine B1.
  • Diminution des doses de benzodiazépine pendant 10 jours.

Dès le 3e ou 4e jour les bénéfices se font ressentir : la fatigue s'estompe et l'appétit revient.

Mais attention : le sevrage n'est pas fini. Pour éviter une rechute, le suivi médical doit être poursuivi pendant plusieurs années. De plus, des médicaments peuvent vous être prescrits par un médecin si certaines étapes vous semblent difficiles.

Les autorisations et risques du baclofène

Le 23 octobre 2018, l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a autorisé la mise sur le marché du baclofène (spécialité Baclocur® 10, 20 et 40 mg) pour le traitement de la dépendance à l'alcool (communiqué du 23 octobre 2018).

Depuis le 15 juin 2020, il est commercialisé dans la prise en charge du sevrage alcoolique. Le Baclocur® est le seul médicament à base de baclofène autorisé. Il est indiqué dans la réduction de la consommation d’alcool, après échec des autres traitements médicamenteux disponibles, chez les patients adultes ayant une dépendance à l’alcool et une consommation d’alcool à risque élevé (> 60 g/jour pour les hommes ou > 40 g/jour pour les femmes).

Toutefois, « le baclofène n’a pas prouvé son efficacité de manière convaincante », affirme le Collège national des généralistes enseignants. De plus, pour des posologies élevées (plus de 180 mg/jour), ce médicament entraîne des effets indésirables majeurs (+46 % du risque d’hospitalisation et 2,3 fois plus de risques de décès) et il présente un risque d’encéphalopathie chez des sujets insuffisants rénaux.

C'est en raison de ces risques que l'ANSM avait fixé la dose maximale autorisée à 80 mg/jour. Mais le 4 mars 2021, à l'issue d'une procédure lancée par le collectif Baclohelp (qui souligne que, en moyenne, les patients ont besoin de 180 mg à l'initiation du traitement, puis de 120 mg en rythme de croisière), le tribunal administratif (Cergy-Pontoise) a annulé cette limitation en estimant que « l'ANSM a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation ».

Au final, l'ANSM, qui a révisé les recommandations posologiques des médicaments à base de baclofène, indique que « la posologie doit être adaptée régulièrement pour obtenir l'efficacité thérapeutique. Si elle n'est pas atteinte à 80 mg par jour, nous recommandons fortement aux professionnels de santé de proposer aux patients une prise en charge pluridisciplinaire spécialisée en addictologie ». Elle recommande néanmoins fortement de « ne pas dépasser la dose de 300 mg/jour ».

Source : ANSM, 18 novembre 2021.

Autres traitements médicamenteux autorisés

Deux autres traitements par voie orale sont autorisés dans la prise en charge de la dépendance alcoolique : l’acamprosate et la naltrexone.

Ces deux médicaments de première ligne de la dépendance alcoolique sont efficaces. La naltrexone par voie orale à 50 mg/j peut être privilégiée car, avec une seule prise par jour, son usage apparaît plus aisé. Elle semble également plus efficace que l’acamprosate quant au retour à une forte consommation d’alcool chez des patients modérément ou sévèrement alcoolodépendants.

Concernant les effets indésirables les plus fréquemment rapportés, il s’agit plus souvent de vertiges (risque multiplié par presque 2 vs placebo), de nausées (× 1,7) et de vomissements (× 1,5) avec la naltrexone et de diarrhées (× 1,6) avec l’acamprosate.

Accompagnement

Les groupes de paroles comme les Alcooliques anonymes peuvent également être bénéfiques. Surtout, le rôle des proches en matière d'alcoolisme chronique est très important. Il faut comprendre que l'alcoolisme est une maladie. Comme il s'agit d'une dépendance, il ne sert à rien de sermonner le buveur : il a avant tout besoin d'un accompagnement médical et d'un soutien moral.

Attention : même après de longues années d'abstinence, un ancien alcoolique doit à tout prix éviter de boire un verre d'alcool. Il existe un réel risque de rechute.

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