Outre l’alcoolisme chronique, l’éthylisme peut apparaître sous forme d’alcoolisme aigu. De quoi s’agit-il ? Quelles en sont les conséquences ? Comment le ? Explications.
Qu’est-ce que l’alcoolisme aigu ?
L’alcoolisme aigu est une surconsommation occasionnelle de boissons alcooliques entraînant un degré d’alcoolisation très élevé :
- Contrairement à l’alcoolisme chronique qui ne saute pas forcément aux yeux, l’alcoolisme aigu se repère facilement. En effet, chez un buveur occasionnel, les symptômes d’une intoxication alcoolique aiguë sont très visibles.
- Même si l’alcoolisme aigu touche toutes les tranches de la population, les jeunes sont particulièrement touchés : c’est ce que l’on appelle le « binge drinking ».
- Contrairement aux idées reçues, l’alcoolisme aigu n’est pas moins dangereux que l’alcoolisme chronique : les dangers sont bien plus immédiats et violents.
Conséquences de l’alcoolisme aigu
Si la dépendance à l’alcool n’est pas forcément avérée dans le cas de l’alcoolisme aigu, ce type d’éthylisme présente des conséquences dangereuses pour la santé :
- le coma éthylique ;
- les accidents de la route ;
- les troubles liés à l’ivresse sur la voie publique (vols, agressivité, viols, détérioration de matériel, etc.) ;
- la « gueule de bois » du lendemain avec : maux de tête, nausée, bouche pâteuse ;
- les séquelles liées aux dommages occasionnés au niveau du cerveau qui peuvent être irréversibles.
De plus, l’alcoolisme aigu peut, chez certains, très rapidement se transformer en alcoolisme chronique : la dépendance à l’alcool est alors avérée.
Il faut donc savoir que lorsque l’alcoolisme aigu devient trop répétitif, les troubles sur la santé s’apparentent à ceux d’un alcoolisme chronique.
Autres conséquences physiques
La succession d’épisodes d’alcoolisme aigu, c’est-à-dire la multiplication de prises d’alcool en excès, peut présenter à terme les mêmes risques que l’alcoolisme chronique :
- cela attaque en premier lieu le foie et le pancréas et les organes d’élimination : pancréatites, cirrhose, stéatose hépatique, etc. ;
- cela peut favoriser l’apparition de cancers ;
- cela occasionne de l’hypertension et, à long terme, pourra déclencher des maladies cardiovasculaires (AVC, infarctus du myocarde, artérite, etc.) parfois fatales.
Conséquences psycho-émotionnelles
Les conséquences aux niveaux psychique et social sont :
- le delirium tremens ;
- les troubles du comportement ;
- les sautes d’humeur et la dépression ;
- l’agressivité ;
- éloignement amical et familial ;
- difficultés au travail ;
- les troubles de la mémoire, etc.
Comment soigner l’alcoolisme aigu ?
Si l’état d’alcoolisme aigu se répète régulièrement, le buveur peut commencer à présenter les signes précurseurs d’une dépendance psychologique à l’alcool. Des mesures doivent être prises pour ne pas dériver vers l’alcoolisme chronique.
Il est donc fondamental d’aider la personne à entamer un dialogue serein. Pour cela :
- Il existe des services d’alcoologie gratuits ouverts aux jeunes et permettant d’avoir une réponse médicale sur les dangers de l’alcool à moyen/long termes.
- On peut l’amener, dans la mesure du possible, à consulter un professionnel – médecin traitant, addictologue, etc. – pour arrêter de boire.
- Ce traitement devra être accompagné d’un suivi psychologique : à part dans le cas de l’alcoolisme mondain, personne ne boit à l’excès sans raison.
L’Inserm insiste sur la nécessité, pour éviter la rechute, de recourir à diverses techniques aussi bien psychothérapeutiques que médicamenteuses, en passant par la remédiation cognitive, la réhabilitation sociale et la prise en charge des comorbidités.
Comment réagir en cas d’alcoolisation aiguë ?
Dans le cas d’un alcoolisme aigu ponctuel, il est bon de connaître les différents « remèdes » qui limiteront les effets secondaires de l’alcoolisation excessive :
- Face à une personne en état d’ébriété, la première chose à faire est de l’empêcher de boire plus.
- Adopter un langage rassurant, en particulier en cas de troubles de l’humeur.
- Ne jamais laisser seule une personne qui a trop bu.
- Interdisez-lui de prendre le volant.
Face à une personne qui présente les symptômes suivants, adoptez le bon réflexe en appelant les secours (15, 18 ou 112) :
- des vomissements ;
- des maux de tête violents ;
- d’importants maux de ventre ;
- une suspicion d’association à des médicaments.